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EXTRAIT ADDITIONNEL DU MANUEL:
LA PONCTUATION FRANCAISE
POUR LES presque NULS
La ponctuation en tant qu'outil pratique
L'extrait a été soigneusement choisi pour aborder une des plus grosses confusions, sinon la plus grosse, concernant la ponctuation
française: le trait d'union et le tiret. Je souhaite que ceci éclaircisse le point ! (Sourire)
Tiret (du latin tirare « tirer, faire un trait»).
Il faut souligner pour commencer que le tiret et le trait d'union
sont souvent confondus, même dans des textes définissant les
signes de ponctuation ! Fondamentalement un tiret sépare des
éléments, alors qu'un trait d'union les assemble. En étant averti,
vous pourrez garder les idées claires à ce sujet. De plus, le tiret est
censé être plus long que le trait d'union, afin de les distinguer.
1. marque habituellement un changement ou une pause abruptes dans la
continuité d'une phrase.
Quand, dans les années 60, le stock a été vendu – en fait liquidé
en tant que surplus – les ventes de caoutchouc ont été
sévèrement touchées.
« Excusez-moi, monsieur, mais – .» Il était déjà de l'autre côté
de la barrière.
2. est parfois utilisé à la place d'une virgule ou de parenthèses quand il y
a besoin de définir ou mettre l'accent sur quelque chose.
Les présentations – et particulièrement celle par M.Copperfield
– ont impressionné l'audience.
3. introduit une déclaration qui explique, résume, complète ou amplifie
ce qui la précède.
Le pétrole, le fer, et blé – voici les tendons de l'industrialisation.
Le projet de loi fut ensuite mis de côté – c'est-à-dire, écarté pour
une période indéfinie.
Pierre, Paul, Jacques – tous ont trouvé un boulot d'été.
C'était un gentleman – un gentleman de la vieille école.
4. démarque une proposition ou phrase faisant interruption pour placer
une remarque ou un point de vue de la personne qui s'exprime. Le tiret
remplace la virgule qui ordinairement démarquerait la proposition,
mais le tiret permet de garder un point d'exclamation ou
d'interrogation.
Si nous réussissons – et les critiques parient contre nous – alors
tout le projet réussira.
Il exige que tout – même son nounours! – passe à la machine à
laver.
Votre question – c'était votre question, n'est-ce pas, M. Jones? –
ne peut simplement pas être répondue.
5. est utilisé pour délimiter les répliques d'un dialogue:
« Bonjour, dit-il.
– Comment allez-vous mon cher, répondit-elle.
– Fort bien ce matin! », termina-t-il.
6. Utiliser le tiret pour suggérer une élocution hésitant:
« Eh bien – je – euh – je ne savais pas», hésita-t-il.
7. Utiliser le tiret pour épeler un mot ou un nom:
s–é–p–a–r–e–r
8. pour énumérer les éléments d'une liste:
Il me faut:
– de l'eau;
– de la nourriture;
– des vêtements.
9. Le tiret marque la division d'un mot à la fin d'une ligne. Vous ne
devriez pas diviser un mot qui est un nom propre, un nombre ou un
chiffre, une contraction ou abréviation, un mot d'une syllabe, un mot
de cinq lettres ou moins quel que soit le nombre de syllabes.
La passion impla–
cable de sa vie
On peut diviser un mot seulement entre les syllabes et de telle sorte
que chaque partie contienne au moins deux lettres. Si besoin, consulter
le dictionnaire. De manière générale, éviter de diviser un mot à un
endroit où la division résulterait en deux mots complets en euxmêmes,
ceci portant à confusion; par exemple lâche– ment.
Voici quelques règles pour la division d'un mot:
a. Coupez avant ou après le racine du mot
dés– engagé non pas désen– gagé
ou dés– articulé non pas désar– ticulé
On peut couper après un préfixe et avant un suffixe de trois
lettres ou plus.
trans– mission
constitu– tion
b. On peut couper entre deux voyelles lorsqu'elles se trouvent à
la jonction de deux syllabes.
mallé– able girou– ette
c. Couper un mot composé à l'endroit du trait d'union, ne pas le
couper à nouveau.
Trait d'union (ce trait permettant d'unir 2 mots).
Le trait d'union est souvent utilisé entre les parties d'un mot
composé. La forme donnée à de tels mots, mais quand vous n'êtes pas
sûr, consultez le dictionnaire. Le trait d'union est utilisé pour relier
des mots ou parties de mot.
1. est souvent utilisé entre le préfixe et la racine d'un mot,
particulièrement quand la racine comporte une lettre capitale, ou,
rarement, quand le mot qui en résulte pourrait être confondu avec un
autre mot qui s'épelle de manière identique ou presque, ou bien
lorsqu'il y a répétition d'une voyelle entre le préfixe et la racine.
La pré-Renaissance Une demi-douzaine
Un anti-inf1ammatoire La quasi-totalité
re-sentir et ressentir
mais: se remettre (d'une maladie)
préretraite déshabiller
Remarque: on utilise le trait d'union souvent dans des formes
interrogatives parce qu'il s'agit d'un ordre inversé des mots par
rapport à la forme affirmative, et ou dans des formes impératives.
Quand deux voyelles se suivent, on rajoute un t entre les deux mots.
Qu'est-ce que vous dîtes ? Peut-on dire une chose pareille?
Va-t-en ! Prends-le !
2. est utilisé dans des mots composés, sauf contre-indication du
dictionnaire. Ces mot composés peuvent être des noms de lieux, de
zones géographiques, de rues, d'oeuvres architecturales, (notamment
bâtiment ou organisme portant le nom d'une personne), etc. ou
indiquer par leur contenu la fonction qu'ils remplissent, préciser une
caractéristique, indiquer une fusion de genres ou de fonctions.
La Saint-Sylvestre Le pont Alexandre-III
Le tunnel du Mont-Blanc Le centre Georges-Pompidou
Le Midi-Pyrénées Un
porte-serviette
Une belle-mère
Chef-lieu
Chauve-souris
Coupon-réponse
Du
jazz-rock Une
moissonneuse-batteuse
Ces mots composés peuvent contenir de nombreux mots, telles que
des locutions connues ou bien inventées par l'auteur du texte,
notamment pour reprendre les termes ou l'attitude de quelqu'un
d'autre.
Le qu'en-dira-t-on je-ne-sais-quoi
Un problème de « je-n'ai-plus-de-papier»
C’est particulièrement le cas pour ceux contenant des prépositions:
sans-gêne un contre-la-montre sous-marin
plus-value
sur-le-champ cul-de-poule
moins-value
prêt-à-porter hors-piste
Cependant, on écrira:
surexploité susdit
3. est utilisé dans des mots composés (locutions) ayant valeur d'adjectif
ou d'adverbe.
Une attitude je-m'en-foutiste soigner à la
va-vite
4. suspend le premier élément ou le préfixe habituellement relié ou non à
la racine d'un mot par un trait d'union, quand le second élément ou le
mot de base fait partie d'un mot composé comportant un trait d'union
ou fait partie d'un mot ayant une forme présentant des variantes.
Un moteur six- ou huit-cylindres
Un trauma pré- et postnatal
5. est utilisé pour écrire des nombres composés entre 17 et 99.
Dix-sept Mille sept cents quatre-vingt-neuf
6. est souvent utilisé entre le numérateur et le dénominateur pour écrire
des fractions.
Une majorité de deux-tiers du vote
Cependant, les fractions ayant valeur de nom sont souvent écrites sans
trait d'union, particulièrement quand le dénominateur est déjà doté
d'un trait d'union.
Les trois cinquièmes de sa paie Il a acheté une moitié
Une amélioration d'un dix-septième de seconde
7. Utiliser le trait d'union à la place du mot « à» entre deux nombres ou
dates.
Vous trouverez des informations utiles aux pages 27-36.
Les années 1920-1926 ont été favorables pour la famille
8. Utiliser le trait d'union entre deux noms propres indiquant les terminus
pour des bateaux, trains, avions, etc.
Le Paris-Bordeaux met environ trois heures.
9. Le trait d'union sert d'équivalent à jusqu'à ou à et incluant, ou quand
il est utilisé pour indiquer une fourchette de quantités telles que des
dates ou des nombres.
pages 40-98
les années 1980-89
10. Le trait d'union sert d'équivalent à contre ou et pour indiquer un lien
ou une opposition.
la loi Hardy-Weinberg
les débats Sarkozy-Royale
Le score final fut 7-2.
11. Après les préfixes après-, mi-, non- (sauf exception), quasi-, sous-,
faux-, bien- (sauf exceptions), on mettra un trait d'union. On en
mettra un également après les préfixes adjectifs numéraux (deuxpoints,
trois-mâts par ex.).
On n'en mettra pas après anti, pro, super, ultra, archi, auto, bi, bio,
brachy, co, ferro, macro, méta, inter, intra, micro, mono, multi, pré, tri.
Les exceptions se produisent lorsqu'ils sont suivis d'une voyelle.
Encore une fois, consulter le dictionnaire en cas de doute.
(Extrait de "Qu'est-ce que la grammaire, en clair ?")
Venons-en au point qui nous intéresse : la définition du sujet !
Pour aborder cela de façon intéressante, remontons dans le temps et faisons comme si nous étions les personnes qui ont dû définir et organiser ce
sujet.
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Nous nous retrouvons devant le vaste ensemble des mots de la langue française. C’est le bazar : personne n’a la même manière de parler ! Certains
mettent le verbe au milieu de la phrase, d’autres à la fin, et certains n’en mettent même pas ! Certains conjuguent le verbe au présent pour dire quelque chose qui a eu lieu il y a
cinquante ans. Nous constatons énormément d’erreurs et de confusion dans les actions des gens à cause du manque de règles dans la façon de s’exprimer et nous voulons y mettre de l’ordre
afin que chacun puisse se faire comprendre quand il parle ou écrit. Pour cela, nous allons devoir définir les différents types mots pour pouvoir les classer. Ainsi nous y verrons plus clair
! C’est comme ranger ses documents (ou sa chambre) : il faut définir des types des documents, et oh miracle ! L’horrible fourbi du début devient un ensemble clair et utilisable ! Quand on
vous demande un papier, vous savez lequel c’est et vous le trouvez tout-de-suite. Bien !
(Extrait de "Les étymologies, quelles importances ?", section Les préfixes de la langue
française)
cat, cata, cath :
– en-dessous, depuis le bas (cathédrale).
– vers le bas ou vers un état inférieur (cataclysme), en arrière, opposé, dégénéré (catatonie) ou détourné (catachrèse), parfois avec le sens d’entièrement
(cataracte).
– uniquement la notion d’entièreté (catéchisme).
– au travers, en considérant l’ensemble (catholique = universel dans son sens premier).
Circon, circu : autour, de tous les côtés (circonférence, circuit, circuler).
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Co, con, com, cor, col :
– indique le plus souvent un sens de similitude (co-axial), d’association (cohabiter, conjugal), de partenariat ; idée d’une action simultanée par
accompagnement de façon complémentaire (copilote, coopérer, collaborer, corriger) ou bien similaire (co-auteur, coproduction).
– Mais dans certains cas, le sens précédent n’est absolument pas approprié et on essaie de se faire une idée bizarre de la manière dont ça pourrait quand-même
« coller ». Il faut savoir que la particule
« co » donne aussi un sens d’intensité, d’importance, d’action ou de changement amenés à un haut niveau ou à leur terminaison complète. Dans les mots
ci-dessous, il ne s’agit pas d’une association ou d’un accompagnement. Je suis étonné de n’avoir jamais vu cela mentionné dans un dico français. Cette nuance est pourtant valable pour un
bon nombre de mots et leurs familles (et elle se retrouve également dans d’autres préfixes) : cogiter, cognitif, collapsus, combat, combustion, commenter, commotion, complet, compliment,
compulsion, concis, conclure, concupiscent, concussion, condamner, confectionner, confier, conflagration, congeler, conquérir, consigner, consoler, constant, consterner, constituer,
construire, contentieux, contention, contorsion, contrition, contumace, contusion, convalescence, convaincre, convulsion, corrompre, compter, couvrir.
Les avis sur la nuance à choisir est partagée concernant ces mots (deux sens peuvent même convenir) : commander, compact, complainte, complaisant, condenser,
confirmer, conserver,
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consolider, consommer, consumer, contaminer, corriger, corroder, corroborer.
– Plus rarement :
– dans (comprendre, contenir, concevoir).
– sens de parcourir un cercle ou être retourné (contour, convertir, convexe).
Contra, contre : en face de.
– idée de séparation, de destruction, de contrainte par opposition ou rencontre (contre-temps, contradiction, contraception) ; de contraste.
– près de, qui suit ou est simultané (contre-allée, contrebasse, contre-chant).
dé, des, dés, di, dif, dis :
(...)